Faim et envies
Pourquoi j'ai faim le soir mais pas la journée
Pourquoi vous avez faim le soir mais pas la journée : le pic de faim du soir, sa variation de 17%, et comment une journée légère l'aggrave.
Guides

Le froid ne donne faim que légèrement, et seulement quand il touche vraiment la peau. Les essais qui exposent des personnes au froid, au repos ou pendant l'exercice, trouvent en moyenne une légère hausse de l'apport alimentaire qui suit. Une analyse groupée de 11 études de ce type a trouvé une hausse moyenne d'environ 179 kcal (750 kJ) par rapport à des conditions chaudes ou neutres (Nutrients, 2021).
C'est un effet réel et mesuré. Il reste modeste face à un repas complet. Il dépend aussi beaucoup de la façon dont le froid a été vécu.
Le froid pousse le corps à dépenser plus d'énergie pour se réchauffer, par le frisson et d'autres processus producteurs de chaleur. Dans cette même analyse groupée, le sous-groupe de 8 études utilisant une exposition au froid pendant l'exercice a trouvé une hausse plus marquée, environ 251 kcal (1051 kJ) (Nutrients, 2021).
Dans un essai, 11 hommes ont pédalé pendant 45 minutes dans une eau à 20°C ou à 33°C. L'énergie dépensée pendant l'effort était comparable dans les deux cas, environ 517 kcal dans l'eau froide contre 505 kcal dans l'eau chaude. Ensuite, le groupe eau froide a mangé 877 kcal à un buffet. Le groupe eau chaude en a mangé 608, soit une différence de 44 % (White et al., 2005; communiqué de l'University of Florida).
Un autre essai a fait marcher 16 adultes en surpoids sur tapis roulant pendant 45 minutes à 8°C ou à 20°C. La marche au froid a fait grimper la ghréline acylée, l'hormone qui signale la faim. Cette hausse correspondait à un apport plus élevé au buffet 45 minutes plus tard (Crabtree & Blannin, 2015).
La plupart du temps, oui, si vous restez simplement assis. Un essai a placé 10 adultes en bonne santé dans une pièce à 18°C ou à 24°C pendant deux heures et demie, sans aucun exercice.
La pièce plus fraîche a bien augmenté la dépense énergétique de repos, le carburant supplémentaire que le corps brûle juste pour maintenir sa température. Les scores de faim et l'apport alimentaire réel ne différaient pas significativement entre les deux températures (Langeveld et al., 2016).
Cet écart compte. Les essais avec exercice au froid montrent une vraie hausse de l'appétit. Cet essai au repos montre que rester assis dans une pièce légèrement fraîche, le type d'exposition qu'un logement chauffé évite en général, ne produit pas de manière fiable le même résultat. Marcher jusqu'à la voiture en novembre n'est pas la même exposition qu'une séance de sport en plein froid.
Une cohorte d'adultes a été suivie sur l'année entière. L'apport quotidien était environ 86 kcal plus élevé en automne qu'au printemps. L'activité était la plus faible en hiver, et le poids corporel variait d'environ 0,5 kg au fil de l'année, avec un pic autour de février (Ma et al., 2006).
Une autre étude par journal alimentaire a suivi 315 adultes. Elle a trouvé une hausse de l'apport total, en particulier en glucides. La taille des repas augmentait aussi en automne. Les participants se déclaraient plus affamés à la fin des repas d'automne, alors même qu'ils avaient mangé davantage (de Castro, 1991).
Aucune des deux études n'isole la température des jours plus courts ou de l'activité réduite. La cohorte de Ma et al. montre l'apport et le poids les plus bas au printemps, après un pic en automne et en hiver. Ce schéma va plutôt dans le sens d'une hausse qui ne dure pas toute l'année, plutôt qu'une prise de poids hivernale continue.
Les essais pointent vers le froid lui-même quand l'exposition est réelle et active : sport en extérieur, trajet froid, station debout prolongée dehors. Les données de cohorte pointent vers un changement saisonnier plus large quand vous restez surtout à l'intérieur et bougez simplement moins.
Une façon de distinguer les deux est de comparer votre propre suivi côte à côte. Si l'activité a baissé en même temps que l'apport augmentait, cela correspond davantage au schéma de la cohorte qu'à un effet du froid. Noter ses repas à côté de pourquoi la faim revient vite après un repas riche en glucides peut aussi montrer si les repas d'hiver, plus denses, se dissipent plus vite que prévu.
Le calculateur de tendance de poids gratuit permet de voir si votre poids a réellement bougé cet hiver, face à la variation saisonnière d'environ un demi-kilo trouvée par la cohorte. Noter repas et activité côte à côte dans l'application Avocalo peut montrer si une semaine froide a changé ce que vous avez mangé, ou seulement votre niveau d'activité. Une photo de repas y reçoit une estimation de calories et de macronutriments à vérifier.
Les données le suggèrent. Ma et al. ont trouvé que l'apport et le poids de la cohorte saisonnière sont les plus bas au printemps. Ce creux survient après un pic en automne et en hiver, ce qui va dans le sens d'une hausse qui ne dure pas toute l'année (Ma et al., 2006).
Un peu. Un essai a trouvé une dépense énergétique de repos plus élevée dans une pièce plus fraîche (18°C) que dans une pièce plus chaude (24°C). Cela ne s'est pas traduit par plus de faim ni plus d'apport dans cet essai (Langeveld et al., 2016).
Pas forcément. L'étude par journal alimentaire a trouvé que les participants se déclaraient plus affamés à la fin des repas d'automne malgré une consommation plus élevée. Cela suggère un changement de satisfaction ou de rythme des repas, pas seulement un manque calorique (de Castro, 1991).
Sources : White LJ et al., Int J Sport Nutr Exerc Metab, 2005, PubMed 15902988; le communiqué de l'University of Florida qui le décrit. Crabtree DR & Blannin AK, Med Sci Sports Exerc, 2015, PubMed 24870575; Langeveld M et al., Endocrine Connections, 2016, page de référence. De Castro JM, Physiology & Behavior, 1991, PubMed 1946724; Ma Y et al., Eur J Clin Nutr, 2006, PMC1428793; Nutrients, 2021, PMC8538265. Pour des repères nutritionnels saisonniers en France, voir mangerbouger.fr, Santé publique France. Publié par Petros IT Solutions SRL. Une erreur repérée ? Écrivez à [email protected].